Faut vous dire que j’en avais assez de cette periode punitive gouvernementale à tel point que j’ai
dis à Bernik que j’avais peur de ne plus pouvoir payer mon loyer et de voir mes allocations
familiales baisser.
Mais lorsqu’il me répondit que j’étais propriétaire et sans enfant (effectivement) c’est le cœur léger
que je suis allée passer le week-end à l’Hermitage le bel hôtel cinq étoiles de La Baule.
J'avais fait quelques éconocroques.
Dès que j’ai garé ma Smart devant l’hôtel et que le groom s’est emparé de mes bagages je me suis mise
à vivre dans une bulle d’eau salée.
La Baule c’est mon coin de paradis et depuis longtemps ! Dois je vous révéler aussi que j’y ai vécu ?
Non.

Pourtant ce week là c’était la
tempête.Tôt le matin déambulant le long d’un couloir interminable
avec moquette à ramages je fis une apparition au bord de la piscine,vêtue de mon peignoir blanc
avec l'élégance d’une Grace Kelly.
En dévoilant mon nouveau maillot Speedo j’ai plongé dans la piscine d’eau de mer chauffée à 32°.
La piscine est à l'abri du vent d'Ouest. L'Hermitage est face à la mer et donne directement sur la plage.
La salle de finess aurait pu me rendre ma mélancolie légendaire puisque celle-ci a vu sur mer et
à l’heure de l’apéro il y a piano jazz ce qui m'a extirpé de cette époque gouvernemantale
douloureuse.
Voici histoire de l’Hermitage si bien racontée chez
http://www.bretagne.com/fr/tourisme/hotellerie/l_hermitage
« Un soir, dans les tranchées, deux poilus... « S’il m’arrive quelque chose, va voir ma femme
et aide-la à s’en sortir, dit l’un.
Elle habite un pays merveilleux où il n’y a que des dunes et où il fait beau tout le temps »
Il ne survit pas à l’enfer de Verdun, et son camarade de combat tient sa promesse.
Il va à Escoublac, rachète le café-dancing que tenait la veuve et bâtit dans ce coin perdu
de Bretagne l’un des fleurons de son futur empire de l’hôtellerie de luxe et du jeu.
François André avait créé La Baule.
Lorsqu’il arrive à Escoublac au début des années 20, François André est déjà un homme d’affaires
avisé.
Possédant de solides intérêts dans le monde du jeu.
En quelques années, le petit Auvergnat débrouillard, joueur et sans le sou, était passé du rang
de tenancier de tripot parisien à celui de prince des casinos grâce à ses associations fructueuses
à Ostende, Cannes et Deauville.
Deauville qui lui servira de modèle pour rêver La Baule avant de la construire séduit par cette
immense plage déserte et sauvage, il pressent le potentiel du lieu, une friche marine oubliée
entre Pornichet et Piriac, les deux stations où quelques Nantais se plaisaient à aller à la mer.
Graf sur une coque de bateau
Le jour où il achète l’estaminet de la veuve de son compagnon d’armes, François André
se porte aussi acquéreur d’un joli bout de terrain de 200 hectares, ouvrant sur un kilomètre
de littoral à l’Ouest de cette superbe baie d’Escoublac que l’on appelait « bôle » à l’époque.
Son pari : créer une station ultra-chic en jouant sur quatre tableaux, les voyageurs transatlantiques
fortunés de la ligne de paquebots Saint-Nazaire-New York, les Anglais qu’il veut arrêter sur la route
de Deauville et Biarritz, les familles parisiennes huppées et la bourgeoisie nantaise.
En 1926, il construit le grand hôtel de L’Hermitage, le vaisseau amiral de sa constellation bretonne
qu’il dote aussitôt de 29 courts de tennis et d’un parcours de golf.
Dans la foulée, il achète un manoir où son épouse Marie-Louise prend ses quartiers pour diriger
ses intérêts baulois : c’est le Castel Marie-Louise, petit hôtel mais grand luxe.
Tout est toujours là, intact, et le domaine a grandi.
Le vieux colosse auvergnat a passé la main à son neveu Lucien Barrière, dont la fille Diane,
puis le gendre, ont présidé le groupe.
Toutes les photos sont de notre amie Lilitop ! elles ont été prises à La Baule ou au Pouliguen durant ces dernières années.